Dans l'industrie du spectacle et du loisir il y a ceux qui prennent des risques au nom de l'art et pour qui ça marche tellement que ça devient un vrai business et ceux qui ne font que du business juste pour l'amour du business. Dans le ring mondial on a donc principalement Apple et Microsoft, Sony et Nintendo ou encore dans le cas qui nous intéressent Dreamworks et Pixar.
En 1995, la sortie de Toys Story, le premier long-métrage en image de synthèses est considérée à l'époque comme une hérésie à une époque où le dessin animé 2D traditionnel régnait encore en maître. La plupart des gens voient cela comme un art marginal qui n'arrivera pas à se démocratiser. Aujourd'hui 12 ans plus tard donc, nous sommes à l'air du numérique, et force est de constater que la majorité a eu tort : Walt Disney fait ses plus gros sucées en produisant des films live (Pirates des Caraïbes) et a même fermé ses studios d'animation 2D. De plus les 2 plus gros succès dans le domaine de l'animation que sont Shrek 2 et le Monde de Nemo, sont en images de synthèses et atteignent des chiffres faramineux au Box office mondial.
John Lasseter, le « boss artistique » de Pixar, est le responsable de la démocratisation des films en images de synthèses et a fait de Pixar un studio qui pèse considérablement dans le paysage hollywoodien actuel. A tel point que Spielberg à travers sa société Dreamworks s'est senti obligé de marcher sur ses plates-bandes et sortant lui aussi des long métrages en images de synthèses. Seulement voilà : j'ai vu tous les Pixar et tous les Dreamworks et franchement, à part pour le premier Shrek, aucun des long-métrages de la compagnie de Spielberg ne m'a pleinement convaincu... Alors oui, quand Shrek est arrivé, c'était effectivement fun et révolutionnaire de voir un film pour enfant n'hésitant pas à utiliser un humour iverencieux avec du rot et du pipi-caca... Mais pourquoi user de cet humour dans chaque long-métrage et ne pas approfondir la moelle scénaristique et la profondeur des personnages? Et puis cette manie opportuniste et peu glorieuse de vouloir sortir en même temps que le concurrent un projet ayant la même thématique (Fourmiz et 1001 pattes, Monstres et compagnie et Shrek, Le monde de Nemo et Gang de Requin) et bah ça fait qu'on sort des sous-films qui n'arrivent jamais à faire mieux que l'original.
Bref pour moi, le gagnant haut la main du duel Pixar/Dreamworks est Pixar. Pixar pour moi, c'est une remise en question permanente de son rôle de leader du domaine de l'animation avec un perfectionnisme et une prise de risque dans le choix des long-métrages proposés. Par exemple, Les Indestructibles fut le premier dessin animé d'une durée de 2h au lieu des1 h30 habituelles. De même les thématiques de Cars étaient clairement adressé aux adultes. Enfin le prochain Pixar, Wall-E (sorti prévu en 2008) sera un long métrage sans dialogues !!! Encore un coup de poker auquel la concurrence ne se serait jamais risquée.
Enfin avec ses films, Pixar a élargi le public des dessins animés. Ils ne sont plus uniquement pour les petits et les grands enfants mais plutôt pour les petits et tout simplement les grands, Si on éprouve de l'empathie pour les personnages, c'est parce que les épreuves et les drames qu'ils traversent nous renvoient à notre propre vécu : ainsi un père de famille ne regardera pas de la même façon Le monde de Nemo que son fils. De plus les valeurs défendues dans leurs films dépendront essentiellement des valeurs auxquelles nous-mêmes nous croyons et que notre c½ur permettra de voir. Ainsi dans l'extrait (un pur bijou d'émotion) que je vous propose, tiré de Toys Story 2 (1999) et qui relate l'histoire de Jesse, un jouet abandonné par sa propriétaire qui a grandi et qui se désintéresse d'elle, j'y vois notre propension à ne plus passer du temps avec nos amis parce que nous croyons qu'évoluer et s'épanouir nécessite obligatoirement de faire l'impasse sur certaines relations qui ont comptées pour nous, sans se soucier de la peine que pourrait ressentir l'autre...
Et vous qu'y avez vous vu et qu'avez-vous pensé de l'extrait?